Flash Note

Naviguer sur les marchés émergents avec discernement et prudence

15.05.2020

Que s'est-il passé jusqu'à présent?

Les marchés émergents ont été durement touchés par la crise du Covid-19, subissant des sorties importantes, plus que lors de toute autre crise de ces 15 dernières années, et ce bien qu'ils aient été moins touchés que les pays développés, des taux de mortalité officiels plus faibles et des restrictions moins sévères.


Soutien des Banques centrales

Le mois d'avril a été marqué par un rebond des marchés mondiaux alimenté par des mesures de relance et l'assouplissement progressifs des mesures de confinement. Les marchés émergents se sont eux aussi bien comporté, profitant du ralentissement de l’épidémie ainsi que des injections de liquidités en dollars qui a permis d'éviter jusqu'à présent un resserrement des liquidités.


Les incertitudes économiques persistent

Bien qu'il soit encore tôt et difficile d'évaluer l’impact réel du Covid-19, les effets économiques du confinement, la fermeture des industries touristiques et l'affaiblissement de la demande externe et domestique continuent de peser sur les marchés émergents.


Vue d'ensemble

La crise actuelle renforce principalement les tendances passées de ralentissement de la croissance mondiale et de dispersion des performances économiques entre les pays. Si les apports de liquidités, les mesures de relance monétaire et budgétaire des économies avancées et un éventuel affaiblissement du dollar peuvent apporter un soutien supplémentaire aux marchés émergents, les prévisions à moyen terme restent incertaines, c'est pourquoi la sélectivité restera essentielle pour naviguer dans cet environnement volatile et fragile.


Des conditions diverses

Une séparation évidente semble opérer au sein des pays émergents :

  • Les perspectives se dégradent pour les pays exportateurs de matières premières et ceux qui ont besoin d’un financement en dollars qui pourraient être touchés par une baisse des liquidités en dollars dans les prochains mois.
  • Perspectives favorables pour les pays importateurs de pétrole et notamment les pays asiatiques qui ont des fondamentaux macro-économiques sains, une croissance relative plus forte et qui ont réussi à mieux gérer la crise que le monde occidental.
  • La Chine se démarque clairement par la bonne gestion de la crise et de l’économie pourrait la faire sortir plus forte de la crise en termes relatifs (comparés aux pays développés et aux autres pays émergents).


    Le cas de la Chine

  • L'activité économique reprend progressivement car il s'agit du premier pays à sortir de l'isolement.
  • La Chine a jusqu’à présent évité de recourir à un soutien gouvernemental à grande échelle, en adoptant une approche plus ciblée. Au lieu de creuser le crédit sans discernement (comme ils l'auraient fait dans le passé), ils ont provoqué un ralentissement et ont orienté le crédit vers des secteurs clés pour l'économie (Nouvelles technologies, infrastructures 5G, intelligence artificielle, santé, véhicules électriques).
  • Amélioration des fondamentaux macro-économiques et de la balance courante du pays, bénéficiant de la baisse des prix des matières premières et de l'arrêt du tourisme pendant une période prolongée.